Sur un balcon, quelques dizaines de centimètres suffisent pour transformer des épluchures en ressource pour les plantes. Le choix dépend surtout des déchets produits et de la destination du compost : le lombricomposteur fournit un amendement mûr, tandis que le bokashi fermente presque tous les restes de cuisine, mais exige une étape de maturation. Ces deux méthodes de compostage urbain tiennent en appartement ; leurs contraintes, leurs odeurs et leurs résultats ne sont toutefois pas les mêmes.
Bokashi ou lombricomposteur : deux composteurs de balcon, deux procédés
Le lombricomposteur transforme les déchets grâce aux vers
Dans ce composteur d’intérieur, des vers de compost dégradent les déchets organiques en présence d’oxygène. Le système fonctionne en continu et produit du vermicompost, utilisable dans les pots, ainsi qu’un liquide à diluer avant l’arrosage. Bien équilibré, il dégage une légère odeur de terre plutôt qu’une odeur de déchets.
Les épluchures de fruits et légumes crus, le marc de café et le carton non plastifié conviennent. En revanche, viande, poisson, produits laitiers et grandes quantités d’agrumes sont à éviter : ils risquent de perturber les vers ou de favoriser les mauvaises odeurs. Une couverture de carton ou de feuilles sèches aide à réguler l’humidité.
Le bokashi mise sur la fermentation des déchets
Le bokashi est un seau hermétique où les déchets sont tassés et saupoudrés d’un activateur à micro-organismes. Cette fermentation des déchets accepte notamment les restes cuits, la viande, le poisson et les produits laitiers, généralement exclus du lombricomposteur. Une odeur aigre peut apparaître à l’ouverture, mais le couvercle fermé limite sa diffusion.
Après environ deux à trois semaines, le contenu reste un pré-compost acide : il doit mûrir dans de la terre ou un autre composteur avant d’être incorporé aux pots. Le liquide recueilli s’utilise dilué selon les indications du fabricant. Le bokashi traite donc davantage de types de restes, mais ne fournit pas directement un compost prêt à l’emploi.
Choisir son compost de balcon selon l’espace et les habitudes
Comparer les contraintes avant de choisir
Le lombricomposteur convient au compost sans jardin lorsque le résultat doit nourrir directement des plantes en pot. Le bokashi est pertinent si les restes de table sont variés et qu’un bac de terre ou une solution de maturation est disponible. Sur un balcon spacieux, un composteur rotatif peut aussi produire du compost classique, mais il prend plus de place et demande un brassage régulier.
| Critère | Lombricomposteur | Bokashi |
|---|---|---|
| Déchets acceptés | Surtout végétaux crus | Restes cuits et aliments d’origine animale inclus |
| Produit obtenu | Vermicompost mûr et liquide | Pré-compost à faire mûrir |
| Entretien | Apports modérés, carton et humidité à surveiller | Activer, tasser, fermer et vider le liquide |
| Point de vigilance | Températures extrêmes et excès de nourriture | Odeur fermentée et maturation nécessaire |
Pour limiter les déséquilibres dans un bac à vers, les gestes essentiels sont simples :
- Ajouter les déchets en petites quantités, surtout au démarrage.
- Recouvrir les apports de carton déchiqueté ou de feuilles sèches.
- Garder le lombricomposteur à l’ombre, à l’abri du gel et des fortes chaleurs.
Utiliser les productions sans surdoser
Le vermicompost s’incorpore avec retenue au terreau, par exemple lors d’un rempotage. Son liquide ne doit pas être appliqué pur : une dilution adaptée évite de concentrer les sels autour des racines. Le pré-compost de bokashi, lui, nécessite une période de maturation avant le contact direct avec les plantes.
Faire correspondre le système au quotidien
Le bon choix est celui qui s’accorde aux déchets réellement produits et à l’espace disponible. Pour un balcon ou un appartement avec des plantes en pot, le lombricomposteur offre un engrais naturel directement valorisable. Si les restes comprennent régulièrement viande ou aliments cuits, le bokashi est plus tolérant, à condition de prévoir où faire mûrir son contenu.
